Test Drive

Essai HAVAL H6

Lancé sur le marché il y a moins d'un an, le Haval H6 peut se targuer d'un début de carrière commerciale plutôt remarqué. De plus, l'histoire retiendra qu'il a eu l'honneur de faire l'objet du tout premier essai de Touring Club. S'il peut se targuer d'un tel privilège, c'est pour une très bonne raison : c'est le seul modèle que la rédaction a eu à disposition pour le lancement. 

Le plus difficile dans l’essai automobile, c’est d’aborder le véhicule d’essai sans a priori ni attente. On a déjà l’impression de connaitre le modèle en question grâce aux photos publiées et les communiqués de presse appris par cœur, alors qu’aucune conclusion ne peut valablement être tirée à l’avance. C’est un peu comme le tout premier dîner chez la belle famille : On a l’impression de bien maîtriser le sujet car on a déjà vu la salle à manger sur l ‘Instagram de sa moitié, mais une fois sur place, la Madfouna de la belle-mère peut réserver des surprises, bonnes ou mauvaises. C’est fort de cette allégorie aussi inutile que tirée par les cheveux  que nous abordons le H6.

Extérieur

Le premier contact visuel n’est pas spécialement pénible. Le dessin est résolument moderne et bien proportionné. Une impression de robustesse se dégage du SUV, notamment grâce aux (superbes) jantes de 19 pouces sur lesquelles il est bien campé, et qu’il est le seul de la catégorie à proposer en série. L’inspiration germanique est bien perceptible, ce qui est normal puisqu’il a été dessiné par Pierre Leclerq, à qui on doit notamment la deuxième génération du X5 (e70) et le premier X6 (e71). À noter également le dosage mesuré du chrome. Une bonne surprise étant donné l’appétit bien connu des Chinois pour le clinquant. En somme, on est clairement en présence d’un beau bébé, le plus grand de sa catégorie avec 4,61m de long, qui rend jusqu’à un bon demi-mètre la Suzuki Vitara, son concurrent le plus petit.  

Intérieur

Une fois la porte ouverte, le H6 nous accueille avec une belle odeur de neuf, l’une des dernières addictions à ne pas nous entacher le bulletin n°3. Là encore, comme pour l’extérieur, l’influence européenne ne se dément pas. On ne peut pas ne pas penser à BMW avec la console centrale tournée vers le conducteur, ou à VW et Audi avec les grilles d’aération parcourant tout l’habitacle sur la largeur, de la partie conducteur à celle passager. En dépit du mélange des genres, l’ensemble fonctionne plutôt bien, et le tout ne manque pas d’harmonie, voire d’une personnalité propre, ce que des marques pourtant bien plus chevronnées peinent à donner à leurs modèles.

Finition

S’il est un sujet qui divise la rédaction, c’est bien la finition. Alors qu’une partie la trouve en tout point satisfaisante, voire la place en parmi le peloton de tête de la catégorie, l’autre (dont l’auteur de ces lignes) est un peu plus critique. Si les assemblages semblent tout à fait corrects, la finition et la qualité des matériaux semblent pour le moins inégales, avec la présence de quelques plastiques moussés dans les parties accessibles de l’habitacle, et d’autres plus durs et brillants dans la partie inférieure. Globalement, les plus cléments noteront tout de même un véritable bond qualitatif par rapport à la génération précédente, alors que plus exigeants (comme votre humble serviteur) constateront l’écart qui le sépare des VW Tiguan, Peugeot 3008 et Mazda Cx-5 qui, il est vrai, frapperaient presque aux portes du segment premium.     

Équipement

Autant ne pas y aller par quatre chemins : le H6 enterre littéralement la concurrence. Il hérite d’une technologie embarquée tout à fait à la page et de tous les équipements de confort qu’on attend d’une voiture de ce segment en 2019 : Instruments de bord à affichage digital, démarrage sans clef, toit ouvrant panoramique, sièges avant à réglage électrique, 7 hauts parleurs dont un subwoofer logé dans le coffre, écran tactile 9” , feux à LED, caméra 360°, Park Assist… Rien ne manque, et tout est proposé de série puisqu’il n’y qu’une seule finition de disponible sur notre marché : la plus élevée. Bien joué Haval !

Conduite / Tenue de route

Une fois le bouton de démarrage appuyé, les choses sérieuses commencent. D’emblée, on note la bonne insonorisation à froid, un constat qui se confirmera en mouvement, même à allure soutenue.

Malgré le gabarit respectable, et sachant que nous sommes aussi à l’aise avec les manœuvres que nos gardiens de but lors de la dernière CAN, manier le H6 dans le parking sous-terrain est un jeu d’enfant grâce au radar de recul et surtout à la caméra 360°. Une fois à l’air libre, le véhicule se fond très facilement dans la dense circulation du centre-ville. Ça commence bien.

Libérés de la circulation urbaine, nous nous empressons de hausser le ton pour voir ce que le H6 a sous le capot. Ce qui frappe d’emblée, c’est la douceur de la boite. La DCT 7 rapports brille par sa discrétion. Le passage des rapports est imperceptible, pas d’à-coups, ni de patinage, encore un bon point. Par ailleurs, même si son poids élevé, sa hauteur et les modestes 143 chevaux du moteur laissent présager une forte prise de roulis, Il n’en est rien grâce aux barres stabilisatrices avant et arrière.

Sans être d’une précision chirurgicale, la direction se montre globalement satisfaisante. La voiture tenant facilement le cap et enchainant les virages de la banlieue sud sans arrières-pensées grâce aux correcteurs de trajectoire.

Quelques kilomètres plus tard, voulant profiter d’une route enfin dégagée, nous nous essayons à quelques pointes. Indéniablement, ce H6 s’adresse à ceux qui veulent prendre leur temps pour bien faire les choses. En effet, une fois l’accélérateur sollicité, vous aurez le temps de répondre au SMS de votre boss, remettre une couche de vernis à ongles ou consulter le score de votre équipe préférée avant d’atteindre votre vitesse-cible. Même si les choses s’améliorent avec le mode sport (moyennant une notable surconsommation), on n’a clairement pas affaire à un foudre de guerre, même si les dépassements se font sans difficulté particulière.

Face à la concurrence

Le H6 doit composer avec une concurrence des plus affûtées puisqu’il fait partie d’un segment très disputé qui compte plus d’une douzaine de concurrents directs, dont notamment le Peugeot 3008, le Kia Sportage, ou le Kadjar de Renault. En dépit de la difficulté de la tâche, notre modèle du jour a les moyens de tirer son épingle du jeu grâce à des qualités indéniables et un positionnement prix judicieux.

S’il est naturellement indécent de parler d’une affaire pour une voiture qui coûte plus de 200 fois le SMIG, force est d’admettre que le rapport qualité/prix/équipement est tout bonnement inédit dans la catégorie. C’est d’ailleurs ce qui explique en partie son succès commercial, puisqu’il s’en est écoulé pas moins de 400 exemplaires depuis son lancement en Février 2019, le plaçant en 2ème position du segment alors qu’il n’a même pas bouclé sa première année pleine de commercialisation.

Conclusion

Malgré ses quelques lacunes, essayer ce H6 a été tout sauf une une corvée. S’il ne brillera par ses qualités dynamiques vu la petite motorisation, fiscalité oblige, le SUV compact de HAVAL saura satisfaire les attentes d’Abdelwaheb Hannechi qui est assurément la parfaite incarnation du bon père de famille, avec sa moustache bienveillante, sa voix chaleureuse et son ventre rassurant. Abdelwaheb ne saura qu’en apprécier le design léché, l’équipement royal et le prix imbattable. La concurrence est prévenue !

+ Points forts: design, insonorisation, boite à double embrayage, rapport qualité/prix équipement. 

– Points faibles : performances modestes, finition inégale

Note de la rédaction : 7/10
Indice Abdelwaheb Hannechi : 8/10

Caractéristiques :

Moteur : GreatWall 1.5
Puissance (din/fisc) : 143 CV DIN / 9CV
Boite : Double embrayage à 7 rapports
Consommation moyenne : 8.5L / 100 Km

Longueur : 4610 mm
Largeur : 1860 mm
Prix : 97 900 DT TTC (Octobre 2019) Update 98 900 DT TTC (Janvier 2020)

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