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Ferrari Roma : une belle Ferrari, enfin !

Ferrari a enfin présenté sa dernière GT. En vérité, elle l’a fait jeudi dernier. Mais cinq jours, c’est ce qu’ils nous a fallu pour nous remettre de la claque reçue.

Ferrari, Le Vénézuela de l’automobile

La présentation d’une nouvelle Ferrari est souvent un événement en soi, mais cette fois, ça l’est doublement parce qu’en plus de la Roma, la planète automobile a appris une autre nouvelle : Ferrari se remet à dessiner de belles autos. Il était temps.

C’est bien connu, il est impossible de prendre la pleine mesure du potentiel esthétique d’une voiture tant qu’on ne l’a pas vue sur place. C’est une vérité absolue. Mais pour cette Roma, ce potentiel se révèle déjà suffisamment à la vue des premières photos tant l’exercice stylistique semble maîtrisé. la voir en réel nous mettra une encore plus grande claque, cela semble inévitable.

Pendant longtemps, le nom de la marque était synonyme d’élégance et de sportivité, une sorte d’Aston Martin à l’italienne. Jusqu’au années 70, Ferrari était le Vénézuela du monde automobile, avec un indéniable savoir-faire pour donner naissance à des Miss Monde sur roues. En effet, tout au long des années 60 et 70, Ferrari nous a offert (dans le désordre) les 250 GT 2+2, 250 Berllnetta Lusso, 365 GT, 246 Dino, Daytona et 275 GTS, soit plusieurs des plus belles voitures de tous les temps, toutes marques confondues.  

Plus tard, le style maison a pris une autre virage à partir des années 80, pour privilégier la mécanique au style. En résulte une production à l’efficacité redoutable. Depuis lors, les Ferrari sont très certainement ce que la production automobile mondiale a de plus pointu à offrir aux amateurs de conduite. Un concentré de plaisir et de sensations fortes derrière le volant, mais pas vraiment de modèles sur le passage desquelles on se retournerait tout en laissant tomber ce qu’on a entre les mains. À part les exceptionnelles (et malaimées) 456 GT et 612 Scaglietti, et plus tard les sublimes FF et GTC4 Lusso, la gamme de la marque au cheval cabré tournait autour de sportives aussi performantes qu’exubérantes qui firent le bonheur des footballeurs et autres stars du showbusiness.

La Roma, d’une nouvelle ère stylistique qui commence ?

En 2019, et après quelques décennies d’errements stylistiques, Ferrari a décidé de sortir son département design de l’oubli pour dessiner la Roma qui, assurément, n’a pas été faite en un jour.

Commençons par les dimensions. 4,65m est une longueur parfaite : pas trop longue pour rester manœuvrable mais suffisamment pour exprimer tout le potentiel esthétique de la ligne de profil. Ses 1,97m de largeur peuvent faire beaucoup comparées aux voitures « normales » mais ça se situe dans la moyenne des GT. Le dessin mêle avec harmonie les galbes de la carrosserie et les lignes tendues des surfaces vitrées. Le capot avec les ailes aux courbes marquées et la partie centrale plongeante qui évoque le concept Maserati Alfieri est une œuvre d’art à lui seul. L’avant est très expressif tout en restant élégant, avec des phares fins fendus par une ligne de LED sur toute la longueur. La calandre ton carrosserie peut surprendre de prime abord tant elle rompt avec les modèles actuels de la gamme, mais on s’y habitue très rapidement.

Quant à l’arrière, il s’agit tout bonnement de la partie la plus réussie de cette Roma. Cet arrière est tellement sublime qu’il mériterait un article rien que pour lui. En le voyant difficile de ne pas penser à celui de l’Aston Martin DB 11. En effet, la « cassure » qui intervient au milieu de la partie arrière est un détail typique des deux modèles, et on voit mal comment les designers italiens n’ont pas pensé à la belle anglaise en dessinant leurs sketchs, et c’est tant mieux. En effet, tant qu’à aller chercher l’inspiration quelque part, autant le faire du coté de celle qui est, à mon avis, la plus belle voiture de tous les temps. 

Roma Vs Vantage

À l’intérieur, le vent du changement semble avoir également soufflé. Les intérieurs étriqués et minimalistes auquels ont a souvent eu droit semblent avoir laissé la place à un peu plus de raffinement. Même si la sportivité est encore de mise avec un volant et des palettes qui évoquent encore le monde de la compétition (un peu trop ?), l’intérieur semble avoir bénéficié d’un traitement soigné, faisant appel à une profusion de cuir et d’aluminium. On retrouve aussi avec plaisir le petit écran LED devant le passager qu’on connait déjà dans la magnifique GTC4 Lusso, ainsi qu’un nouvel écran central très bien intégré dans une console centrale fortement inclinée, à la manière de celle d’une certaine Porsche 918. Là encore, les designers maison sont allés chercher l’inspiration au bon endroit.

La Roma sera animée par un V8 3.9l de 620 chevaux couplé à une boite séquentielle à 8 rapports reprise de la récente SF 90 Stradale. C’est tout ce qu’on dira dans cet article sur la partie mécanique. Le design de la Roma est tellement hypnotisant qu’elle ferait, pour une fois, faire passer la mécanique au second plan.

Par ailleurs, cette Roma fait irruption dans le monde automobile comme un symbole : une GT au cœur italien et au raffinement anglais. Mue par un V8 et ne faisant aucune concession sur le style, c’est une bouffée d’air frais venant nous caresser le visage à l’aube d’une ère automobile qui semble nous inscrire dans une indéniable sinistrose. Ferrari nous apporte la preuve qu’il est encore possible d’avoir des étoiles dans les yeux à une période où l’on essaye nous convaincre que l’avenir de l’automobile sera fait de machines à coudre roulantes qui se conduiront toutes seules. Si la marque a la bonne idée de reconduire les codes stylistiques de la Roma aux modèles à venir, il y aura certainement de quoi nourrir quelques espoirs.

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