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Les “Barn Finds” : des trésors sortis de l’oubli

Les "Barn Finds" (sorties de grange en français), consistent à découvrir des voitures enfermées dans un bâtiment clos depuis des dizaines d'années, souvent retrouvées dans un état de délabrement plus ou moins avancé. Ces trouvailles suscitent l'engouement des collectionneurs et autres chasseurs d'épaves, non seulement pour la valeur des lots, mais également en raison des histoires qui se cachent derrière. 

Vous l’aurez bien compris, les Barn Finds sont un peu comme quand vous tombez par hasard sur vos magazines pour adultes que vous cachiez soigneusement dans votre chambre d’adolescent, à ceci près que ça a plus de valeur et que c’est globalement plus intéressant. Touring Club s’intéresse au phénomène et vous raconte l’histoire de certains des Barn Finds des plus spectaculaires.

TPV Citroen

Probablement la plus ancienne, cette sortie de grange a permis de découvrir 3 exemplaires de la TPV (Très Petite Voiture), le concept car ayant servi à la conception de la 2 CV. Des centaines de modèles de pré-série fabriqués entre 1935 et 1939, année à laquelle le projet s’arrête quand la Deuxième guerre mondiale éclate. Après la guerre, tous les modèles sont détruits. Tous, à part ces trois modèles sauvés par des essayeurs qui les ont cachés dans un local d’essai en région lyonnaise, avant de les emmurer pour les rendre inaccessibles. 55 ans plus tard, en 1994, elles sont retrouvées complètement par hasard et exfiltrées après avoir enlevé le toit du bâtiment. Elles sont exposées en l’état dans le Conservatoire de Citroën, « pour conserver le vécu et l’émotion de la découverte, et le témoignage intact ».

La collection Baillon

Roger Baillon était un riche transporteur passionné de collection qui rêvait de créer son propre musée  automobile. Il multiplie les acquisitions et les entrepose des années durant dans le plus grand secret, en attendant de mener son projet à bien. 30 ans après sa mort, ses petits-enfants découvrent par le plus grand des hasards 59 modèles d’exception sous des kilos de poussière et de vieux journaux. Tous vendus aux enchères, le lot rapport plus de 25 millions d’euros, dont plus de 16 pour une Ferrari 250 California ayant appartenu à Alain Delon.

Ferrari Daytona

Il s’agit d’une trouvaille à modèle unique, mais quel modèle ! La seule Ferrari Daytona homologuée pour la route ayant eu droit à une carrosserie en aluminium. Cet exemplaire unique qui a changé plusieurs fois de main et de pays a fini dans un garage au Japon, où il a passé près de 40 ans dans l’oubli, avant d’être vendu à plus 1.8 millions d’euros. Elle a moins de 40 000 km au compteur.

BMW E34

Ce n’est certainement pas le lot le plus prestigieux de cet article, mais il n’en vaut pas moins le détour. Onze e34 neuves de 1994 (dix berlines et un break) ont été trouvées dans un hangar au fin fond de la Bulgarie sans que personne n’en comprenne l’histoire. Quatre ans plus tard, on apprendra que ces BMW font partie d’un lot de 86 série 5 en 1994 achetées à bon prix à un concessionnaire espagnol ayant fait faillite. Sauf que peu après la transaction, le gouvernement bulgare a décidé d’imposer une nouvelle taxe sur l’automobile, augmentant le prix des véhicules de 20%. Si 75 BMW réussissent à trouver preneur, ces onze dernières, toutes d’entrée de gamme, n’ont pas eu cette chance. Leur sort demeure encore inconnu.

Le concessionnaire Subaru fantôme

Ce cas est de loin celui qui nous fascine le plus. Il s’agit d’un concessionnaire Subaru à Malte qui semble avoir cessé toute activité à la fin du siècle dernier, sauf que rien n’a bougé depuis. On y trouve plusieurs modèles de la gamme Subaru des années 90 dont quelques pépites, comme le coupé XT 4WD Turbo. Intrigués par le phénomène, des journalistes anglais ont spécialement fait le déplacement pour essayer de percer le mystère, sauf qu’il n’en revenus que plus tourmentés. En fait, ils ont relevé que lieu était encore plus couvert de mystère que de poussière :  les modèles exposés sont dans état de conservation impeccable. Plus curieux encore, et bien que rien n’indique la moindre trace de présence, les plantes du showroom étaient parfaitement entretenues. Retournés sur place un an plus tard, non seulement ils notent que tout est encore en place, mais que de nouvelles voitures ont fait leur apparition : une Coccinelle et une Audi 80 B3 (fabriquée entre 86 et 91) dans un état proche du neuf. Il ne manquerait plus qu’une boite de sardine à la tomate et une cassette de Zouheira Salem, et il y aura de quoi faire une série qui relèguera Lost au rand de spectacle de fin d’année. 

Et en Tunisie ?

Partout dans le monde, la déliquescence de pièces d’exception est un phénomène fortuit que l’on doit à un improbable concours de circonstances (décès du propriétaire, héritiers négligents, “الله غالب ” etc.), sauf en Tunisie. En effet, notre pays peut non seulement se targuer d’une civilisation ancienne de 3 000 ans, mais aussi d’être un précurseur en matière de destruction institutionnalisée du patrimoine automobile. Nous nous rappelons tous de l’impressionnant garage du président déchu et des clans alliés, ainsi que du cérémonial organisé lors de sa saisie. huit ans ans plus tard, la plupart des voitures saisies est dans un piteux état, notamment une rarissime Mercedes SL 190 ayant appartenu à Sakhr Materi. Dans quelques années, nous n’étonnerons pas de voir l’Aston Martin Vanquish faisant partie du lot transformée en poulailler, ou la Porsche 911 convertie en succursale du Schiling, sans parler de quelques voitures disparues de l’inventaire de « Si Abdelmaksoud » et téléportées dans le garage de certains de ses proches.  

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