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Marché automobile tunisien 2019 : chiffres globaux (Partie I)

Il est temps de nous pencher sur les chiffres de vente pour l'année 2019. Quelles sont les marques et les catégories en forme ? celles qui accusent le coup ? Vous saurez tout.

Nous avons reçu les documents relatifs aux immatriculations de l’année dernière. Essayons ensemble de faire parler les chiffres.

Marché stable

36 297, c’est le nombre d’immatriculations de véhicules de tourisme ayant eu lieu sur le sol tunisien en 2019.

Il est question d’une légère augmentation par rapport à l’exercice 2018 et ses 35 350 immatriculations, mais on reste loin très loin du niveau de l’année 2018 qui était la dernière d’une substantielle période de croissance.

Ainsi, il est question de 3 % d’augmentation par rapport à 2018. C’est toujours bon à prendre diront les plus optimistes, mais cette très légère augmentation n’a finalement pas grand chose de flatteur. Il convient de ne pas perde de vue l’année catastrophique 2018 pour le secteur automobile, la faute à la dégringolade du cours du dinar et de l’augmentation déraisonnable des droits de consommation de la loi de finances 2018. En effet, l’augmentation anecdotique (moins d’un millier d’immatriculations supplémentaires) est faible étant donné que le dinar à repris du poil de la bête face aux monnaies internationales face à l’année d’avant. Une embellie relative qui n’a pas stimulé le marché pour autant, ce qui pourrait trouver son origine dont le fait que les distributeurs n’aient pas tellement revu les prix en fonction de l’évolution positive du cours du dinar, restant sur les prix particulièrement dissuasifs de 2018.

Les différentes marques et catégories ont connu des fortunes diverses, certaines ont affiché une belle vigueur dans un marché pourtant pas à la fête, et d’autres ont connu une année plus délicate. Alors, qui a fait quoi ?

Vu la quantité de données à déchiffrer et les outputs résultants, il convient de diviser cette analyse du marché en deux parties pour mieux vous ménager après la pause déjeuner. Cette partie première s’attaquera aux marques qui ont les moins performé en 2019. La deuxième traitera fort logiquement de ceux qui ont rendu de meilleures copies.

En berne :

BAIC YX

Dans le rang des mauvais élèves, on note la dégringolade de BAIC qui n’a livré que 6 voitures après deux exercices respectivement à 420 et 283 exemplaires. Ceci est dû à l’arrêt pur et simple de la production des modèle de la marque.

Chevrolet

Chevrolet n’est pas à la fête non plus puisqu’elle a vu ses immatriculations fondre de moitié par rapport à 2018. la marque, fortement dépendante du la Cruze (plus de 3 voitures vendues sur 4) a pâti de la baisse des ventes de cette dernière qui a subi une baisse de 61 % en un an pour atteindre 304 unités.

Citroën

Citroën a également perdu un bon quart de ses immatriculations (2 219 immatriculations) malgré une C3 en forme (1035 soit en augmentation de 4 % en an). La méforme de la marque aux chevrons tient à la performance de la C-Élysée qui dégringole de 54 % en un an après une année 2018 pourtant plus difficile durant laquelle elle a culminé à 1370 immatriculations. À noter également l’exercice en demi-teinte de DS (comme partout dans le monde) qui peut remercier la DS7 et ses 66 livraisons.

Fiat

Fiat n’a pas non plus vécu une année faste avec une baisse de 39 % en une année, passant sous la barre symbolique du millier d’exemplaires, mais elle se situe surtout à 59 % en deçà du niveau de 2017. Tous les modèles de la gamme ont connu un recul de ventes à l’exception du Doblo. La Panda et la Punto sont parvenues à limiter la casse malgré une baisse de 69 % pour la dernière. Ces deux modèles ont représenté plus de la moitié des immatriculations de la marque. L’absence de nouveautés se fait sentir chez Fiat. La prochaine fusion avec PSA apportera son lot de bonnes nouvelles dans ce sens, même si les effets du rapprochement ne seront pas immédiats.

Jeep

Recul de 37 % pour Jeep en l’absence de nouveautés majeures et vu l’arrivée tardive du Wrangler, même si ce dernier, de par son prix, ne risque pas de changer la donne pour l’année prochaine. La baisse la plus significative est à mettre au passif du Renegade qui a perdu plus de la moitié des immatriculations en un an. Jeep devra serrer les dents en l’attente de son modèle d’entrée de gamme.

Mazda

C’est la douche froide du coté de Mazda malgré d’excellents produits, certainement les meilleurs du marché. L’année a été particulièrement difficile (– 74 %), notamment à cause des baisses des immatriculations du CX-3 (– 92 %), mais surtout des Mazda 2 et 3, cheval de bataille de la marque avec respectivement – 73 % et – 74 %, sans oublier la disparition du catalogue de la 3 Sedan qui s’est écoulée à 456 exemplaires en 2017, soit 3 fois plus que tous les modèles confondus en 2019. Cette année délicate est certainement à mettre sur le compte d’un yen désespérément fort, ainsi que la volonté de Mazda d’avoir un positionnement plus proche des premiums, ce qui n’est pas sans incidence sur les prix.

Nissan

Nissan a essuyé une baisse de quasiment la moitié de son volume. Il est question d’une baisse globale de 45 % , principalement causée par la chute de 51 % de la Micra dont la marque est dépendante. L’arrivée de la Juke sera nécessaire pour redresser les ventes, ne serait-ce que partiellement.

Renault

Année mi-figue mi-raisin pour Renault. Si la baisse de 3% n’est pas dramatique en soi, c’est davantage le contraste avec la forme des concurrents directs (notamment Peugeot et Kia) qui ternit le tableau. À noter que Renault a réussi rester à un niveau proche de celui de l’année dernière malgré la réduction de moitié des livraisons de la Symbol (784 livraisons contre 1560 un an plus tôt). Cette baisse a été compensée par l’embellie de la Clio (+ 27 % avec 2 657 unités) et de la Mégane (+ 435 % avec 182 unités). Pour autant, les perspectives de l’année 2020 seront plutôt bonnes pour la marque avec l’arrivée des Clio V et Captur II qui lui permettraient sans problème de renouer avec la croissance.

Toyota

Toyota dévisse de 20 % en un an, la faute à une Yaris en fin de carrière (– 46 % à 814 exemplaires), au CH-R (- 48 % à 185 unités) et à moindre mesure au Hiace 9 places (louage) (– 12 % à 634 exemplaires). À noter tout de même les hausses de l’Aygo, pourtant pas très jeune, de la nouvelle Corolla et des Prado et Land Cruiser qui réussissent à s’écouler ensemble à 169 exemplaires, ce qui n’est pas négligeable vu leurs prix.

Immatriculations de Toyota
Volkswagen

VW a exactement immatriculé 28 voitures de moins qu’en 2018. La marque observe un statu-quo, soit évolue plus ou moins au rythme du marché. Les baisses des Polo Sedan, Jetta, Caddy 5 places et Tiguan ont été compensées par les hausses des Polo, Passat ainsi que la Golf pourtant en toute fin de carrière. L’arrivée de la Golf 8 sera une bouffée d’air frais pour la marque, même si son arrivée ne devrait pas se faire avant le deuxième semestre 2020.

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