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Marché automobile tunisien 2019 : chiffres globaux (partie II)

Après la partie 1 , Touring poursuit son analyse du marché des premières immatriculations de véhicules particuliers en Tunisie.
Chery

Chery illustre à merveille l’excellente forme des marques chinoises, beaucoup plus abordables que la concurrence à segment égal. En un an, les ventes de la marque ont bondi de 59 %, notamment grâce à entrée de gamme la QQ qui a fait un joli 74 % pour culminer à 678 unités. Cette embellie a été confirmée par la confirmation des Arrizo 3 et 5 en augmentation et l’élargissement de la gamme de SUV Tiggo aux modèles 2, 4 et 7 dont l’ensemble des modèles ont rapporté à la marque 378 ventes dès leur première année de commercialisation, soit 27 % des ventes totales.

Dacia

Malgré une gamme pas très fournie, Dacia fait son trou notamment grâce à une offre au rapport qualité/prix étudié tout en mettant l’accent sur l’aspect pratique. Les ventes ont évolué de 65 %, passant 301 à 495 modèles. Performance à mettre au crédit de la seule Logan MCV qui qui a quasiment réussi à doubler ses ventes, prouvant au passage que le break pourrait avoir sa place sur le marché tunisien. La progression des ventes s’est faite en dépit du recul du Duster de 36 % du fait du changement de génération. À noter les  4 unités livrés de la nouvelle génération, lancée en fin d’année, qui contribuera certainement à améliorer les ventes de la marque en 2020.

GWM / HAVAL

Suite à une délicate année 2018, Atlas Auto entame sa montée en puissance et réussit à multiplier ses ventes par 1,5 en un année. Cette envolée repose essentiellement sur la marque HAVAL , même si la M4, désormais seule représentante de la marque Great Wall, a réussi à améliorer ses ventes de 12 % pour s’établir à 229 unités. Les grands artisans de cette performance sont la H2 qui réussit à doubler ses ventes malgré son âge avancé pour s’écouler à 106 exemplaires, mais surtout le H6 qui a définitivement trouvé son public. À 533 immatriculations pour son premier exercice plein, le SUV compact a multiplié ses ventes par 6, représentant à lui seul 61 % des ventes totales du groupe. La performance force d’autant le respect pour un modèle dont le prix frise les 100 000 TND.

Honda

La bonne surprise de cette année. En dépit de volumes somme toute modestes, Honda améliore ses chiffres dans un marché de 51 % dans qui stagne, avec un seul point de vente qui plus est. De plus, cette augmentation s’est faite malgré la légère chute de 10 % du Brio Amaze, son modèle d’entrée de gamme. Pour  réaliser ce bon score, Honda a pu compter sur la City, auteure d’une augmentation de 164 % pour un total de 140 unités, mais surtout du très beau score du SUV HRV s’étant vendu à plus de 100 exemplaires malgré un prix dépassant les 150 000 TND. L’année 2020 s’annonce prometteuse pour ma marque japonaise avec un réseau qui devrait au moins s’étoffer d’une nouvelle agence.

Hyundai

Légère augmentation de 1 % (moins légère que celle du marché s’établissant à 3 %), mais augmentation tout de même. Cet exercice contrasté s’est notamment distingué par la méforme la Creta (-42 %) et du Grand i10 Sedan (-23 %), balancées par une explosion des ventes de la i10, certainement dopée par sa version populaire, de la i20 qui se maintient autour du millier de livraisons, et du SUV Tuscon qui réalise 127 ventes sur sa première année pleine de commercialisation. L’arrivée des la nouvelle génération de la i10 et du Santa Fe aux deux bouts de la gamme permettra au constructeur coréen d’améliorer ses chiffres cette année.

Kia

Le leader du marché transpire la forme et voit ses ventes atteindre les  4 309 immatriculations. Kia fait non seulement mieux que l’année précédente, ce qui n’est pas un exploit en soi, mais réussit à dépasser son chiffre de 2017 considéré comme un bon cru. Pour ce faire, la marque s’est reposée sur ses traditionnels fer de lance : le duo Picanto/Rio en augmentation de respectivement 22 % et 35 % pour un total de 3 630, soit 84 % des ventes globales, la quasi-totalité du reste des ventes étant assurée par le Sportage, large leader de son segment avec 670 ventes.

Mahindra

Explosion des ventes qui peut être résumée en un mot : KUV100. Comme illustré dans le tableau ci-dessous : 61 % de progression pour le KUV 100, 61 % d’augmentation des ventes totales. Modèle le plus accessible du marché (hors voitures populaires), il a su répondre à la demande d’une frange de la population désireuse de rouler en neuf sans se ruiner. Toutefois, la marque reste dépendante du ce seul modèle, le reste de la modeste gamme ne répondant pas aux attentes de la clientèle en matière de rapport qualité/prix.

MG

MG parvient à doubler ses ventes par rapport à l’année dernière sans pour autant renouer avec le niveau de 2017. Le plus gros des ventes est à mettre à l’actif de la ZS qui représente pas moins de 89 % des immatriculations totales de la marque. Le lancement des MG 3 restylée, MG 5 et MG 6 devraient permettre à la marque de tenir le cap lors de l’année en cours.

Peugeot

29 % d’augmentation pour la marque au lion qui manque de peu de revenir au niveau de 2017. Comme pour le plus gros des marques généralistes, Peugeot peut remercier la version populaire de sa 208 lui ayant permis de réaliser un joli 123 % d’augmentation, quasiment à l’origine de toute de la progression observée par la marque, surtout au vu du recul des autres modèles phares de la marque que sont les 108 (-29 %),  301 (-12 %) et 2008 (-24 %). À noter tout de même le regain de forme de la 308 ( +22 %) et la progression du 3008 qui a pratiquement triplé ses ventes, notamment grâce à l’introduction de sa version d’entrée de gamme, particulièrement bien étudiée au niveau du prix.

Seat

Alors que les ventes n’ont pas fléchi en 2018, pourtant année de crise, 2019 a été celle de la confirmation avec une nouvelle (et impressionnante) augmentation de 29 %. Cette progression a été possible malgré la des ventes de la Leon de près du tiers. Toutefois, cette bonne performance serait à relativiser étant donné que l’essentiel de la progression provient de l’Ibiza qui a dû bénéficier de sa version populaire pour booster les chiffres. À noter tout de même la belle progression de l’Arona qui réussit doubler ses chiffres dans une année qui a vu l’introduction sur le marché d’une nouvelle version dotée d’une boite à double embrayage.

Conclusion

En somme, il convient de conclure que la hausse du marché est somme doute modeste par rapport à une année 2018 catastrophique à tout point de vue. Cette augmentation de 3 % est d’autant moins significative qu’elle a été rendue possible par l’élargissement de la population éligible à la voiture populaire. Ainsi, le marché a été maintenu au niveau de l’année dernière de manière artificielle et grâce à l’augmentation des ventes de modèles à faible marge.

Globalement, la méforme du marché peut trouver son origine dans l’augmentation des droits des douanes. Cette mesure a été porté préjudice à touts les intervenants de bout en bout de la chaine : l’acheteur incapable de suivre l’augmentation des prix dans un contexte économique difficile se traduisant par l’effritement de son pouvoir d’achat par ailleurs.

Ibrahim Debache. PDG d’ENNAKL Automobiles

Cette mévente se répercute sur les distributeurs qui sont plus que jamais à la peine, ce qui se traduit par une baisse des recettes de l’État provenant des droits de consommation, information confirmée par Ibrahim Debache, PDG D’Ennakl et président de la Chambre nationale syndicale des agences et des concessionnaires de voitures lors d’une récente interview donné à RTCI.

Cette mévente se répercute sur les distributeurs qui sont plus que jamais à la peine, ce qui se traduit par une baisse des recettes de l’État provenant des droits de consommation – Ibrahim Debache , PDG d’ENNAKL Automobiles.

Par ailleurs, d’autres facteurs ont contribué à cette situation, notamment l’accès au financement rendu de plus en plus difficile au citoyen dans un marché où la clientèle privée représente 85 % des ventes, sans oublier les distributeurs peu enclins à réviser les prix à la baisse malgré le redressement du cours du dinar qui repris pas moins de 14 % sur l’euro entre 2018 et 2019 et 11 % sur le dollar lors de la même période. Des hausses qui ne se sont pas répercutées sur les prix de vente.

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