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Mercedes SL : retour aux sources

Dans l’histoire automobile, il est des lignées de qui ont une place toute particulière, des modèles de légende dont les générations se succèdent aux plus grand plaisir des passionnés que nous sommes. Nous parlons de modèles iconiques qui suscitent l’admiration aux quatre coins de la planète, de Miami à Phnom-Penh en passant par Bouargoub, et dont le renouvellement est un évènement en soi. Parmi ces spécimens, on pourrait notamment citer la Ford Mustang, le Range Rover qui vient de faire peau neuve, la Porsche 911 ou le Mercedes SL.

En effet, dire que la nouvelle génération du SL était hautement attendue relève du doux euphémisme, mais cette attente était davantage teintée de scepticisme que de l’excitation inhérente à ce genre d’échéances. Et pour cause un contexte global peu propice à l’enthousiasme : les constructeurs qui suppriment coupés et cabriolets de leur gamme aussi vite qu’ils lancent des SUV insipides et qui misent tout sur la technologie embarquée aux dépens du design, faisant de l’automobile un smartphone sur roues. Et en la matière, Mercedes fait office de chef de file avec un recours massif à la photocopieuse pour décliner le même design dans différentes tailles afin d’occuper tous les segments du marché.

Bref, étant donné les raisons précitées, la survie même du SL relève déjà du miracle, et vu la génération sortante dont même Mercedes semble en avoir honte (au point « d’oublier » de l’intégrer au site internet retraçant l’histoire du modèle), on se rassure comme on peut en se disant que doute façon ils ne peuvent pas faire pire, et on n’a pas été déçus.

Fidèle à son ADN

C’est dans cette ambiance d’engouement modéré que nous avons découvert les nouveaux images du nouveau SL quelques heures après sa présentation, n’ayant même pas pris la peine de regarder la vidéo de présentation en direct. Mais la surprise et le remord furent tels qu’ils nous ont décidés de sortir Touring Club de sa sieste de temps d’un article, c’est dire l’effet de ce nouveau SL.

[Mercedes-AMG SL 63 4MATIC+ & Mercedes-AMG SL 55 4MATIC+
Aujourd’hui, on ne va vous parler ni de puissance, ni de couple (un sujet dont nous n’avons que de vagues notions, et encore !), ni de 0-100 km/h. Il ne sera question que de lignes, d’angles, de courbes, de galbes, de métaux nobles, de cuir tendu, mais surtout d’émotions. Pour dessiner cette nouvelle mouture, Mercedes a eu la bonne idée de d’opérer un retour aux fondamentaux : Sport Leicht pour sport léger. Exit l’horrible toit en dur et le profil aussi équilibré que le budget national pour une capote en toile et des lignes gorgées d’équilibre et de dynamisme, presque aériennes.

Extérieur

[Mercedes-AMG SL 55 4MATIC+
Premier constat : contrairement aux précédentes, cette nouvelle génération semble miser sur la sportivité plus que l’élégance, constat confirmé par son nouveau positionnement au sein de la marque puisque visiblement, le SL sera exclusivement placé sous le giron d’AMG (Adieu le Mythique SL 500 !). Ainsi, le SL pourra compter sur une allure trapue, une largeur de caisse qui nous a semblé généreuse et dont nous avons eu la flemme de vérifier l’exacte dimension, et les désormais incontournables phares effilés de la marque pour signaler sa présence. Des arguments qui ne seront pas de trop pour aller chasser sur le terrain de l’intouchable Porsche 911. Il y a quelques semaines encore, cette simple pensée nous aurait parue farfelue tant la Porche semble au-dessus de la mêlée, mais si les magiciens d’AMG réussissent à faire preuve d’autant d’inspiration que leurs collègues designers, ce qui n’est pas impossible puisque le SL partagera la même base technique avec le prochain GT AMG, la firme de Zuffenhausen (formule pédante pour désigner Porsche) peut avoir quelques sueurs froides.

Intérieur

[Mercedes-AMG SL 55 4MATIC+
Si l’extérieur ne nous a laissé que peu de place au scepticisme, la découverte de l’intérieur fut moins sereine. À notre décharge, comment l’être quand on connaît les intérieurs de la gamme actuelle de Mercedes qui ne dépareilleraient pas dans une pub pour Xanax, avec des écrans à profusion, un recours massif aux plastiques brillants et la quasi-disparition des inserts en bois ? Même si l’intérieur est largement moins flatteur que l’extérieur, nous préférons retenir que le pire a été évité. En effet, adieu les affreuses tablettes juxtaposées qui font office de console centrale horizontale. On revient à une configuration plus classique avec un poste de conduite bien individualisé et un console centrale bien verticale quoique 100 % digitale. On notera également la présence de quelques boutons physiques rescapés de la fièvre numérique qui frappe toute l’industrie sans exception. Par ailleurs, notons également le superbe nouveau volant Mercedes hérité de la Classe S et qu’on retrouve avec plaisir dans ce SL, ainsi que l’omniprésence du cuir pour nous consoler de l’absence du bois.

Plus qu’un simple nouveau modèle, une affirmation

Il nous tarde que le configurateur de Mercedes soit mis à jour pour découvrir les différentes combinaisons dont nous pourrons parer les SL que nous n’achèterons jamais. Mais en attendant, l’impression globale est que le vent de sportivité ayant soufflé sur le modèle n’a pas pour autant entraîné de concessions sur le confort, ce qui n’est pas pour nous déplaire, pas plus qu’à Sue Helen (que reconnaîtront les plus vieux lecteurs de cet article… Pardon, les moins jeunes). Cette dernière pourra enfin envisager de remplacer son vieillissant SL R107.

En somme, cette nouvelle génération du SL est plus qu’un simple nouveau modèle, c’est une véritable affirmation. L’affirmation que la passion automobile, quoiqu’agonisante, n’est pas encore morte et que même si on a de plus en plus tendance à envisager l’achat d’une voiture comme on le ferait pour sèche-linge, il reste ces lignées automobiles capables d’une prouesse : faire naître l’émoi à l’ère du désamour automobile.

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